Brèves

La fin du « site internet » et l’émergence des offres de « service internet »

Digit'AM#3

Le site internet de la société de gestion représente la principale vitrine pour l’investisseur à la recherche d’informations sur la société, ses équipes, ses produits.

Si les sociétés de gestion disposent désormais en majorité d’un site internet, les réalités sont plurielles : du site unique d’un acteur franco-français au portail multi-sites d’un acteur international, de la mise à disposition des informations « standards » concernant la société et ses produits à l’accès à des outils de construction de portefeuilles et de reportings à valeur ajoutée … le panel est large.

L’« effet taille » des sociétés de gestion compte bien évidemment pour beaucoup :

  • D’un établissement à un autre, les moyens ne sont pas les mêmes, notamment entre une société de gestion qui se lance et un groupe international établi depuis plusieurs décennies …
  • … et les besoins non plus : certaines sociétés de gestion entrepreneuriales se bâtissent sur un nombre limité de fonds alors que d’autres acteurs peuvent « jongler » avec plusieurs gammes de fonds

Les objectifs visés restent malgré tout partagés :

  • Concevoir des sites au design sobre et soigné, à la navigation fluide et intuitive permettant un accès rapide à l’information recherchée
  • Proposer l’ensemble des informations corporate sur la société (organisation, encours sous gestion, typologies de clients, récompenses, …), les équipes et les points de contact principaux, les expertises ainsi que les informations sur les fonds (présentation des produits, KIID[1], prospectus, performances et reportings)
  • Etre la vitrine de l’expertise de la société de gestion en donnant accès à ses publications (articles, vidéos, extraits de conférences, …)
  • Développer des fonctionnalités à valeur ajoutée pour les investisseurs, clients ou prospects

Si l’enjeu des trois premiers points est de se mettre au niveau des standards du marché et de ses concurrents, le dernier aspect est certainement le plus discriminant.

La conception de fonctionnalités à valeur ajoutée vise à mettre à la disposition des investisseurs des informations « dynamiques » sur les fonds avec notamment les analyses et convictions des gérants des fonds sur l’évolution des différents marchés, des avis d’experts sur des thématiques ISR, Solvency II, emerging markets, … Les progrès des technologies web facilitent cette communication et la rendent plus accessible via notamment l’essor de vidéos et d’interviews.

Parallèlement à l’exploitation des informations reçues, l’investisseur peut aussi souhaiter construire lui-même ses propres analyses. Afin de délivrer les informations au plus près de ces besoins, les sites les plus sophistiqués embarquent des outils de reporting ou de construction de portefeuilles. Les fonctionnalités déployées permettent ainsi à l’utilisateur de :

  • Bâtir lui–même ses vues, les sauvegarder puis les actualiser à la demande, via des plages de dates à spécifier, des briques de calcul et des templates de graphiques ou de contenus prédéfinis, …
  • Exploiter les résultats sous différents formats : rapports prêts pour l’édition, composants exploitables dans des supports propres à l’investisseur, données brutes et calculées restituées sous forme de fichiers intégrables dans ses outils, …

Dans les exemples les plus aboutis, il ne s’agit pas d’un site mais d’un portail de sites déployés par la société de gestion déclinés par segments de marché, types d’investisseurs, … Ce portail peut s’étendre à des extranets destinés aux clients institutionnels et aux principaux partenaires en fonction d’un certain niveau d’actifs sous gestion et de l’offre de services négociée.

L’apport de ces fonctionnalités à valeur ajoutée est amplifié lorsqu’elles sont associées avec la mise à disposition d’espaces dédiés, protégés et sécurisés offrant un tremplin vers de nombreux débouchés. Cette combinaison permet en effet, en exploitant les informations documentées par le client lorsqu’il complète son profil[2], de lui donner un accès rapide et direct aux données concernant les produits dans lesquels il a investi ou qu’il surveille plus particulièrement. Au-delà, l’exploitation du profil de l’utilisateur peut permettre à la société de gestion de calibrer au mieux les messages promotionnels ou les offres de produits en les axant sur les besoins et les centres d’intérêts de l’investisseur.

Enfin, adossés au site principal, la société de gestion peut créer des sites complémentaires associés afin de faire un focus sur une expertise particulière[3], ou exploiter sa participation à un événementiel via les livrables produits et capitaliser auprès d’une audience plus large.

La dimension technologique joue également un rôle crucial dans la pertinence des sites déployés.

Les développements en responsive design sont désormais la norme afin de rendre les sites des sociétés de gestion accessibles depuis un ordinateur, un smartphone, une tablette. Des choix sont incontournables : faut-il prévoir d’investir sur une application dédiée aux ipad accessible via Apple Store pour répondre à une logique marketing ? Ou est-il plus pertinent de basculer toutes les applications en responsive design afin d’accéder au plus grand nombre de supports et de bénéficier ainsi d’une propagation naturelle (et donc bien moins coûteuse) des nouvelles fonctionnalités d’un support à l’autre ?

Et que dire de la question de la gestion des données ? Elle se trouve au cœur de ces dispositifs et ce, avec des contraintes amplifiées. Pour les fonctionnalités de reporting par exemple, alors que les données devaient être présentes, exhaustives et validées, à des fréquences généralement calées sur une base hebdomadaire ou mensuelle, la mise à disposition des investisseurs de fonctionnalités de gestion de leurs reportings imposent une qualité parfaite au jour le jour. La pression est alors accrue sur tout le process de captation et de gestion des informations (données de marché, d’inventaires, de gestion, de risque, …) pour garantir cette qualité, dans des délais raccourcis.

Le site internet de la société de gestion joue ainsi le rôle de vitrine. Il constitue sa première empreinte sur la toile et représente désormais l’une des pierres angulaires de sa stratégie marketing et de ses actions de communication.

Son objectif est simple : informer et servir les clients existants mais aussi séduire et convaincre de nouveaux investisseurs potentiels. Or les sites internet ne constituent plus les seuls outils numériques à la disposition des investisseurs, la part des réseaux sociaux dans la gestion de la communication et de l’image de la société de gestion est désormais tout aussi importante.

Auteur : Jacques Labat – Directeur BU Gestion d’actifs

[1] KIID : Key Investor Information Document

[2] Les informations associées au profil viennent ainsi compléter le choix du « profil MIF » retenu par l’investisseur (professionnel ou non professionnel)

[3] Prim Finance, société de gestion spécialisée dans les stratégies d’exposition active aux indices actions et aux indices de matières premières, a ainsi fait le choix de proposer un site « corporate » classique et de faire vivre en parallèle un site d’information dédié aux matières premières (www.matierespremieres.info)

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#1 Digit’AM : Les enjeux du digital pour les sociétés de gestion
#2 Digit’AM: Internet et réseaux sociaux : un axe de développement devenu incontournable ?
#4 Digit’AM : Développement commercial et gestion de l’image de la société de gestion via les réseaux sociaux
#5 Digit’AM : Sites internet, réseaux sociaux, … le rôle central de la stratégie digitale et des ressources associées


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