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Banques d’investissement : quelles sources de données pour contrôler son activité de marché?

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Les contextes de crise sont souvent propices à l’émergence d’opportunités. Les 5,7 milliards de dollars d’amendes pour manipulation de taux infligés à cinq grands acteurs du marché invitent les entités Compliance de certaines banques à revisiter leurs outils de contrôle et leur alimentation.

Enjeu majeur d’actualité, la qualité des activités de Compliance repose sur deux piliers : La définition des contrôles, fondamentale, et le périmètre, c’est-à-dire quelles données sont contrôlées. Le meilleur des contrôles n’est rien s’il n’est pas réalisé sur une donnée de qualité et exhaustive.

Les systèmes de contrôle des banques d’investissement (internes ou d’abus de marché) s’appuient traditionnellement sur les données de leur propre système d’information pour réaliser les contrôles adéquats. De ce fait, l’intégrité et l’exhaustivité des données doivent être assurées par le Système d’Information de la Banque.

Quand le sourcing des données est laissé à l’IT, la question centrale devient : comment récupérer les informations nécessaires pour effectuer les contrôles ? Du coup, la nature des données devient, quant à elle, secondaire.

La problématique autour de la source des données se résume souvent ainsi : doit-on réaliser du point à point ou créer un entrepôt de données qui constituera la source unique des systèmes de contrôle ? Cette question est principalement abordée sous un angle « architecture du système d’information » mettant en exergue les coûts et l’exploitabilité de la solution au détriment de la vision fonctionnelle.

Comment assurer l’intégrité du flux lorsque l’on observe le cheminement entre les systèmes d’accès marché et ceux, de contrôle interne ou d’abus de marché ? Chaque interface, chaque rupture de flux, chaque intégration de données peut entraîner un risque de perte ou de mauvaise retranscription de la donnée.

La complexité de la chaîne de production de ces informations soulève du point de vue des équipes Compliance de nombreuses questions : L’instrument sur lequel le trade porte est-il toujours le même entre la vision de l’outil accès de marché et celui de contrôle ? Les algorithmes de rapprochement sont-ils systématiquement justes ? Les dates et heures sont-elles bien retranscrites ? Les traders et les sales portés par le trade sont-ils les bons traders et les bons sales ? Le portefeuille est-il correct ? Le périmètre est-il le même tout au long de la chaîne ? Quelles logiques de transformation et de rapprochement des référentiels ont été appliquées ?

Autant de questions qui peuvent générer des inquiétudes au sein des directions Compliance et qui nécessite l’acquisition de connaissances approfondies du SI par des collaborateurs dont ce n’est pas le métier.

Comment garantir la complétude et la conformité du périmètre ? Quand les interfaces existent déjà, la réponse pourrait être la mise en place de contrôles sur l’ensemble de la chaîne ou encore la création de Golden Copy…. Or, ce type de solution s’avère coûteux et s’inscrit dans la durée car il faut acquérir une bonne connaissance de la chaîne complète avant de pouvoir réaliser les contrôles nécessaires.

Se lancer dans la mise en place de contrôle d’exhaustivité sur des chaînes parfois complexes peut revenir à ouvrir la boite de Pandore avec des projets peu maîtrisés en termes de coût. En effet, une fois les contrôles mis en place, les actions correctives devront suivre. Et comment justifier et prioriser des évolutions, certes nécessaires, mais considérées comme sans valeur ajoutée par les systèmes Front.

Or le métier de la Compliance est de réaliser des contrôles sur l’activité de la Banque et non de vérifier en permanence l’exhaustivité et l’intégrité des données sur lesquelles elle travaille.

Il faut donc essayer de sortir du cadre.

Qui, en définitive, possède la meilleure vision du périmètre  de l’activité marché de la banque ? En théorie, la banque mais la complexité du SI pour ramener des données jusqu’aux systèmes de contrôle et la difficulté de garantir l’exhaustivité du périmètre font qu’il peut être opportun d’étudier la faisabilité de récupérer les données directement auprès des marchés.

Obtenir chaque jour une retranscription complète de son activité sur un Marché par le Marché lui-même permettrait d’offrir une garantie plus forte sur la complétude du périmètre contrôlé et les données véhiculées. Certaines solutions émergentes du marché s’appuient sur cette approche.

Outre un intérêt fonctionnel flagrant, cette solution permet également de ne pas pénaliser les budgets, ni les ressources des applications Front avec la mise en place d’alimentations lourdes à très faible valeur ajoutée métier.

A l’heure où les équipes sont de plus en plus sollicitées et où les enjeux sont croissants, un recentrage des équipes (Compliance et IT) sur leur cœur de métier parait être un enjeu majeur.

Auteur: Damien Rouillard – Directeur de projets


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