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Internet et réseaux sociaux : un axe de développement devenu incontournable ?

Digit'AM#2

La présence sur internet et les réseaux sociaux apparaît comme une nécessité pour les sociétés de gestion. Elle vise trois types d’objectifs :

  • Etre présent pour maîtriser et contrôler son image

Les dés sont jetés : internet, les réseaux sociaux, les forums de discussion sont désormais une réalité. Pour une société de gestion, les ignorer ou n’être que simple spectatrice des informations échangées à son sujet ou sur ses produits, lui fait courir le risque de voir circuler des propos dont le contrôle lui échappe.

Etre présent sur les réseaux sociaux permet d’être acteur dans la propagation des informations échangées, de prévenir, voire le cas échéant de contrer, les éléments pouvant nuire à la réputation de la société de gestion.

Cette présence, réfléchie et organisée, est à considérer comme un outil nécessaire au développement de la notoriété de la société de gestion.

  • Accéder à de nouveaux gisements de clientèle

L’image de marque et la notoriété de la société de gestion sont des marqueurs forts sur lesquels s’appuyer pour développer le scope de prospects.

Internet et les réseaux sociaux permettent d’atteindre un spectre large de clients potentiels, au plan national bien sûr mais plus intéressant encore, pour se diversifier, à l’international.

Ces nouveaux outils permettent aux investisseurs de repérer les expertises et les produits mis en avant par la société de gestion, d’en apprécier le dynamisme, la réactivité et la qualité de services.

  • Faire de la gestion d’actifs un acteur du numérique, se préparer à l’émergence de nouveaux acteurs et se donner les moyens de les contrer

Internet apparaît comme un tremplin pour la distribution de produits. Les informations sur les différents fonds sont rendues facilement accessibles et ce, sur un éventail de produits de plus en plus large.

Au-delà de nos frontières, la gestion d’actifs (et, plus largement, les services bancaires) voit émerger des acteurs nouveaux.

En Chine par exemple, le site de commerce en ligne Alibaba a en 2014 étoffé son offre en proposant dans son panel de produits un fonds monétaire et a réussi à collecter une centaine de milliards de dollars.

Aux Etats Unis, Walmart, spécialisé dans les métiers de la grande distribution  a annoncé en 2015 se lancer dans les métiers de la banque. Jusqu’où cette diversification peut-elle aller ? Peut-elle englober à terme des dispositifs d’épargne ou d’investissement dans des fonds ?

Plus près de nous, en France, Carrefour a déployé une offre bancaire en proposant des solutions de financement, d’assurance et d’épargne avec des FCP conçus sous marque blanche.

Demain, des géants comme Amazon ou Google pourraient se lancer à leur tour et proposer dans leurs catalogues des fonds à une clientèle plus large. Ils pourront s’appuyer sur leur connaissance des comportements et des profils des consommateurs qui font déjà massivement appel à leurs services et cibler ainsi au mieux les types de produits à proposer à chaque catégorie de consommateurs.

Quelle sera alors la place des sociétés de gestion si elles n’ont pas anticipé cette évolution?

Certes, du chemin reste à parcourir pour que ces hypothèses deviennent toutes des réalités.

En l’état, la réponse aux exigences de la MIF qui demande aux sociétés de gestion de moduler leur message et les informations communiquées en fonction du caractère professionnel ou non professionnel de l’investisseur, repose, en ce qui concerne les sites internet, sur l’action de l’internaute. Pour accéder aux contenus du site de chaque société de gestion, il doit sélectionner son profil, selon un principe déclaratif, difficilement vérifiable par la société de gestion.

Or, il s’agit d’un élément des plus sensibles :

  • Internet n’est plus seulement un espace d’information où l’investisseur cherche à s’informer sur une société, un produit …
  • Internet est devenu également un espace d’action : l’internaute peut désormais échanger des avis, se forger sa propre opinion et s’appuyer sur les outils à sa disposition pour prendre seul des décisions d’investissement

La société de gestion doit ainsi désormais faire face à de nouvelles problématiques : comment s’assurer alors de l’adéquation des produits vendus au profil des investisseurs, sachant en outre qu’il n’est guère possible d’identifier la nationalité des internautes et d’être systématiquement en conformité avec les règles locales de leurs pays d’origine ? Comment se prémunir alors contre des investisseurs qui se rendront compte, trop tard, du caractère inapproprié du produit souscrit par rapport à leurs objectifs ou à leur connaissance et se mettre à l’abri des risques de mis-selling ?

Le digital constitue un tournant des plus sensibles pour les sociétés de gestion avec des investissements conséquents : former les équipes aux enjeux et aux risques du numérique, se doter ou développer des expertises digitales pour réaliser les bons choix d’orientation et de communication, organiser et fédérer les équipes pour bâtir, selon la stratégie retenue par la société de gestion, un dispositif robuste et réactif de communication sur internet et d’animation  des échanges …

Si le digital donne accès à de nouveaux gisements d’investisseurs potentiels, il constitue encore un véritable challenge à relever par les sociétés de gestion qui doivent s’adapter à cette nouvelle donne numérique.

Auteur : Jacques Labat – Directeur BU Gestion d’actifs

#1 Digit’AM : Les enjeux du digital pour les sociétés de gestion ?
#3 Digit’AM : La fin du « site internet » et l’émergence des offres de « service internet »
#4 Digit’AM : Développement commercial et gestion de l’image de la société de gestion via les réseaux sociaux
#5 Digit’AM : Sites internet, réseaux sociaux, … le rôle central de la stratégie digitale et des ressources associées

 


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